L'Ecole Normale Supérieure. Initialement fondée par un décret du 9 Brumaire an III (20 octobre 1794), la première Ecole normale, destinée à recevoir "de toutes les parties de la République des citoyens déja instruits dans les sciences utiles pour apprendre, sous les professeurs les plus habiles dans tous les genres, l'art d'enseigner", tient alors au Jardin des plantes un trimestre de cours. Napoléon 1er reprend l'idée lors de la réorganisation de l'Université, et installe en 1810 les élèves dotés d'un règlement d'inspiration militaire au Lycée impérial (Louis-le-Grand). Figure la plus marquante de cette première promotion, Victor Cousin, devenu ministre de l'Instruction publique, demande à architecte A. de Gisors les plans d'un édifice à la sobriété monacale: sur d'anciennes vignes du couvent des Ursulines, la nouvelle Ecole est achevée en 1847. Depuis, ce "noble cloître intellectuel", selon le mot de Romain Rolland, cultive toujours "le don magnifique que fait à des jeunes gens choisis l'enseignement démocratique.

45 rue d'Ulm, Paris, France

Rue Galande. Ancienne voie médiévale, elle tire son nom d'Etienne de Garlande, favori du roi Louis VIIe Gros, qui y possédait un clos de vignes. Lotie après sa disgrâce (1127), elle devient très commerçante: sur le registre des impositions de 1292, cinquante imposés notables y figurent, représentant seize métiers différents. Bordée au XIIIe siècle par un cimetière juif, elle garde quelques maisons à pignon, et des fragments de la chapelle Saint-Blaise, qui recevait la confrérie des maçons et charpentiers. Elle divent misérable au cours du XIXe siècle avec un population famélique et des bouges douteaux, repaires de gueux et d'alcooliques, tels le Château rouge ou la crèmerie Alexandre décrits par J.-K. Huysmans dans "la Bièvre et Saint-Séverin".

56 rue Galande, Paris, France

Mairie du XVIIIe arrondissement. Depuis1882, la municipalité de Paris se préoccupait de remplacer l'ancienne mairie de Montmartre, élévée place des Abbesses en 1836. Le préfet de la Seine, Eugène Poubelle, fit acheter en 1885 un terrain situé sur la place Sainte-Euphrasie, repaptisée Jules Joffrin en 1895; le temps pressait, il n'y eut donc pas de concours, et la commande fut confiée à Marcelin-Emmanuel Varcollier (1829-1895). Cet ancien élève et collaborateur de Baltard était déja depuis 1883 architecte officiel de la ville. Il sut séduire le jury par l'originalité de son projet, déposé en 1888: autour d'un grand hall central couvert d'une verrière, les services municipaux sont répartis sur un plan en trapèze; à l'étage, une bibliothèque, une salle des fêtes et deux salles des mariages. Une façade éclectique associe des pilastres de style Renaissance à des frontons Louis XV: elle est précédée d'un porche à cinq arcades, orné de deux statues de Gustave Crauk, la Liberté et la Fraternité. Le décor intérieur de la salle des fêtes, boiseries sculptées et dorées et plafond peint étoilé, est l'oeuvre de l'architecte Claës. L'inauguration eut lieu le 17 juillet 1892.

rue du Mont Cenis at Place Jules Joffrin, Paris, France

Eglise Notre-Dame du Travail. Depuis que les expositions universelles se tenaient au Champ de Mars, les centaines d'ouvriers chargés d'oeuvrer à ces manifestations logeaient dans le XIVe arrondissement. Pour eux fut construite, entre 1899 et 1901, en remplacement de Notre-Dame de Plaisance devenue trop petite, une nouvelle église placée sous le vocable de Notre-Dame du Travail. Aux façades extérieures en meulière, moellons et pierre de taille, de style roman, l'architecte Jules Astruc a opposé un intérieur aux voûtes formés d'arceaux métalliques, portées par de fines colonnettes en fer, qui donnent à l'édifice une clarté et un légèreté exceptionnelles. Les fermes de fer proviendraient du Palais de l'Industrie construit pour l'exposition universelle de 1855 et démoli en 1899 pour faire place aux Grand et Petit Palais. De même, les moellons des façades latérales proviendraient du pavillon des tissus de l'exposition universelle de 1900. La cloche est une prise de guerre de Sébastopol (1854), offerte par Napoléon III aux habitants de l'ancienne commune de Plaisance et placée dès 1861 dans l'anciene église.

rue Vercingétorix, Paris, France

Rue Quincampoix. Attestée dès 1203, la rue Quincampoix est célèbre au Moyen Age pour ses merciers: leur corporation est établie aux no 38 et 40. En 1719, elle acquiert une renommée nouvelle; le financier John Law installe sa Banque générale dans l'hôtel de Beaufort, détruit lors du percement de la rue Rambuteau. La rue devient le théâtre de scènes de spéculation sur les billets de la Banque et les actions de la Compagnie des Indes, jusqu'à la faillite et la fuite de Law en décembre 1720 C'est au no 54, au cabaret de l'Epée de Bois, que le comte Antoine de Horn, parent du Régent, assassine un courtier pour le voler, le 20 mars 1720. Il est roué le 26 mars, sur cet refus du Régent de lui épargner ce supplice infamant: "Quand j'ai du mauvais sang, je me le fais tirer."

2 rue Quincampoix, Paris, France

Louise Michel directrice d'école. "Vers la fin de l'Empire, j'habitais avec ma mère une petite demeure gaie et proprette où j'avais installé mon école. Je ne tardais pas à avoir beaucoup d'élèves. J'aimais ces enfants de Montmartre, gentiles et franches, espiègles et bavardes comme de jeunes oiseaux..." Née le 29 mai 1830 à Vroncourt (Haute Marne), fille du châtelain et d'une servante, Louise Michel commence sa carrière d'institutrice en 1853, après de solides études. Venue à Paris en 1856, elle découvre, devant la misère des enfants, sa vocation à mener une vie "de propagande et d'action". Ambulancière pendant le siège de Paris, elle participe sous la Commune au comité de vigilance de Montmartre, chargée des questions d'enseignement, et n'hésite pas à sa battre sur les barricades en mai 1871. Sa mère prise en otage par les Versaillais, elle se constitue prisonnière et se voit condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie; amnistiée en 1880, elle choisit, après avoir connu de nouveaux emprisonnements, de s'exiler à Londres de 1890 à 1904. Elle vit désormais de ses livres et de ses conférences, jusqu'à sa mort à Marseille, le 10 janvier 1905.

22 rue Becquerel, Paris, France

Pavillon des Fontainiers. Pour alimenter les pièces d'eau de son palais du Luxembourg, mais aussi pour donner de l'eau potable aux habitants de la rive gauche, Marie de Médicis fit construire entre 1619 et 1623, depuis le bassin de Rungis, un aqueduc sur le tracé d'un ancien ouvrage romain. ll était plus court (13 km au lieu de 16), mais permettait de fournir en eau de source une partie de Paris qui ne disposait jusqu'alors que des eaux de la Seine, et de puits empoisonnés par les suintements des fosses d'aisance. La construction du principal regard, appelé pavillon des Fontainiers (ingénieurs des eaux), a été successivement attribuée aux architectes Salomon de Brosse et Louis Metezeau, puis à l'hydraulicien Thomas Francine. Il était destiné au logement du fontainier, au-dessus d'un réservoir de régulation et de redistribution porté en 1845 à une surface de 1000 mètres carrés sous voûte surbaissée. Ce réseau d'eau a cessé de servier ver 1875, mais le bassin existe encore.

42 Avenue de l'Observatoire, Paris, France

Le puits artésien. Afin d'alimenter les maisons de la butte (situées à une altitude de 62 mètres), mais aussi pour augmenter le débit de la Bièvre, le forage d'un puits de grande profondeur est décidé en 1863. En 1872, l'entreprise est abandonnée à 532 mètres. Après plus de vingt ans, le chantier est repris: l'eau jaillit enfin, à 582 mètres, légèrement sulfureuse et tiède (28°), très abondante, près de 6000 m3 par jour en 1903. Entre-temps, les travaux ont perdu leur utilité: en effet, la Bièvre s'est trouvée peu à peu recouverte, et les habitations sont le plus souvent dotées de l'eau courante. Vingt ans passent à nouveau, jusqu'à la construction de cette piscine alimentée par le puits artésien, en 1924.

5 place Paul Verlaine, Paris, France

La soeur Rosalie. Jeanne-Marie Rendu (1786-1856), soeur Rosalie en religion, est l'une des grandes figures charitables et courageuses du Paris populaire. Fille de Saint-Vincent-de-Paul, la soeur Rosalie se consacre avec un courage admirable à l'apaisement des malheurs de ce territoire, qui connaît au XIXe siècle des épidémies de choléra (1832 et 1849) et des insurrections (1830, 1848, 1871) en grande partie dues à la misère. Pionnière de l'aide sociale, elle se voue à la construction de quatre écoles et d'une crêche, tient un dispensaire... Sur cet emplacement existait depuis 1860 une petite chapelle Soeur-Rosalie, détruite en 1867 lors du percement de la rue.

Avenue de la soeur Rosalie, Paris, France

Saint-Thomas d'Aquin. Establis au faubourg Saint-Germain depuis 1632, les Dominicains réformés, ou Jacobins, confièrent 50 ans plus tard à Pierre Bullet le soin d'édifier une nouvelle chapelle pour leur couvent. Oeuvre d'un religieux, le frère Claude, la façade fut ajoutée en 1766. Au début de la Révolution, la chapelle devint paroisse sous le vocable de Saint-Thomas d'Aquin, bientôt pillée et désaffectée. Le pape Pie VII, venu à Paris pour le sacre de Napoléon, célébra la messe de 26 décembre 1804, dans l'église rendue au culte deux ans auparavant. Les Dominicains essayèrent en vain de récupérer leur couvent: autour du cloître, les bâtiments avaient été transformés en dépôt d'armes anciennes, puis en Musée de l'Artillerie, et restèrent propriété de l'Armée après le transfert des collections aux Invalides.

Place Saint Thomas d'Aquin, Paris, France

Gérard Philipe. "Une bouche très fine, indécise entre le sourire et la tristesse, une taille élevée et souple qui semblait porter, en fléchissant déjà, ce poids léger de la jeunesse". Ce portrait de Musset vu par Lamartine est pour René Clair la description même de Gérard Philipe. Né le 4 décembre 1922 à Cannes, dans un milieu aisé, le jeune homme obtient de sa mère en 1941 de s'inscrire à un cours d'art dramatique plutôt que de continuer ses études de doit; reçu au Conservatoire en 1943, il obtient son premier grand rôle avec Caligula en 1945. Egalement doué pour le théâtre et pour le cinéma, l'acteur aux succès fulgurants refuse le vedettariat; conscient de la nécessité de faire oeuvre utile, il choisit de s'engager aux côtés de Jean Vilar dans l'aventure duT.N.P. en 1950. En novembre 1959, une intervention bénigne décèle un cancer inopérable; 15 jours plus tard, l'inoubliable interprète du Cid s'éteint ici, à 37 ans. "La Mort a frappé haut. Elle a fauché celui-là même qui pour des millions d'adolescents exprimait la vie... Que le silence soit pour un temps encore le témoignage de notre deuil".

17 rue de Tournon, Paris, France

Hôtel de Bourgogne. Adossé à la muraille de Philippe Auguste, l'hôtel construit en 1270 pour Robert d'Artois, neveu de saint Louis, passe en 1318 par mariage dans la famille des ducs de Bourgogne. Il devient en 1402 leur résidence principale; après avoir fait assassiner son cousin Louis d'Orléans, frère du roi, le duc Jean sans Peur fait édifier en 1408 au centre de l'hôtel la tour qui porte son nom, encore visible aujourd'hui. En 1543, le domaine est loti et traversé par une rue nommée Française en l'honneur de François 1er. Sur un terrain situé à l'ouest de cette voie, les Confrères de la Passion font construire une salle de spectacles inaugurée le 30 août 1548. Devenue en 1629 le théâtre de l'hôtel de Bourgogne, sa troupe rivalisait avec les comédiens de Molière.

20 rue Etienne Marcel, Paris, France

Bourse de Commerce. Après la destruction de l'hôtel de Soissons, la municipalité fit édifier à son emplacement un bâtiment à usage d'entrepôt et de magasin de vente des blés et des farines. De forme circulaire, construit par Le Camus de Mézières entre 1763 et 1766, cet édifice fut coiffé en 1782-1783 par une coupole en bois couvrant la cour, conçue par Legrand et Molinos, assemblée par le charpentier Roubo, et percée de 25 fenêtres et d'une baie à son sommet. Elle brûla le 16 octobre 1802, et fut remplacée en 1811 par une coupole en fer. Victime d'un nouvel incendie en 1854, la halle au blé a été remplacée par l'actuelle Bourse de commerce, construite par Blondel entre 1887 et 1899.

2 rue de Viarmes, Paris, France

Eglise Saint-Eustache. L'accroissement de la population autour des Halles et la piété d'un bourgeois, Jean Alais, sont à l'origine de la fondation d'une chapelle consacrée en 1223 à sainte Agnès puis à saint Eustache. Edifiée à la jonction des chemins de Montmartre et de la Marée, et devenue église paroissiale, elle subit une série d'agrandissements avant d'être remplacée par l'édifice actuel. Sa première pierre fut posée le 29 août 1532 par François 1er, mais elle ne fut achevée et consacrée que le 26 avril 1637. Paroisse de Colbert, Saint-Eustache doit à la générosité du ministre des fresques de Mignard et une nouvelle façade restée cependant inachevée comme la précédente.

rue de Jour, Paris, France

Hôtel Carnavalet. Madame de Kernevenoy, veuve du précepteur du duc d'Anjou (futur Henri III), acheta en 1572 l'hôtel bâti en 1544 pour Jacques de Ligneris, président au parlement de Paris. "Kernevenoy" fut rapidement déformé en "Carnavalet." En 1654, François Mansart modifia les deux ailes et la façade de l'hôtel pour l'intendant Claude de Boylesve, qui, compromis dans les malversations de Fouquet, dut le quitter en 1662. Il fut alors loué. Madame de Sévigné s'y installa en 1677; trouvant enfin une demeure à sa convenance: "un bel air, une belle cour, un beau jardin, un beau quartier", elle y résida 19 années, jusqu'à sa mort, en 1696. La Ville de Paris racheta l'hôtel en 1866 pour en faire son Musée historique, et donna à la rue Sainte-Catherine, en 1867, le nom de rue de Sévigné.

23 rue de Sévigné, Paris, France

Prisons de la Force. Entre la rue du Roi-de-Sicile et l'hôtel de Lamoignon, du 12 au 22 de la rue Pavée, s'étendait l'hôtel d'Henri-Jacques Nompar de Caumont, duc de La Force. Achevé vers 1559 et embelli au début du règne de Louis XV par des financiers, les frères Pâris, l'hôtel de La Force fut acheté en 1754 par le ministère de la Guerre et transformé en 1789 en maison de détention divisée en deux prisons: la Grande Force, et la Petite Force, destinée aux femmes et contiguë à l'hôtel de Lamoignon. La princesse de Lamballe y fut massacrée le 3 septembre 1792 en compagnie d'une centaine d'autres personnes. Les deux prisons de La Force furent démolies en 1845, et il n'en subsiste qu'un pan de mur jouxtant la Bibliothèque historique de la Ville de Paris.

22 rue Mahler, Paris, France

Eglise Saint-Julien-le-Pauvre. Lieu de sépultures mérovingiennes, cette chapelle, située au carrefour de deux voies romaines stratégiques, est offerte, à l'état de ruines, par le roi Henri 1er au chapitre de Notre-Dame en 1045. Vers 1120, elle devient un prieuré dépendant de l'abbaye de Longpont, destiné à jouer un certain rôle dans la vie intellectuelle du quartier. Les recteurs y sont élus, et les assemblées de l'Université y siègent jusqu'au saccage de 1524. Affectée à l'Hôtel-Dieu en 1651, elle se trouve dans un tel état de dégradation que les bâtiments du XIIe siècle sont en partie rasés, et très remaniés. Grenier à sel sous la Révolution, elle est rouverte au culte en 1826 et affectée au rite catholique grec byzantin en 1889: une iconostase réalisée vers 1900 sépare le choeur de la nef.

1 Saint Julien-le-Pauvre, Paris, France

Le Val de Grâce. Après l'Oratoire de Bérulle (1611-1616), Anne d'Autriche installe ici les Bénédictines du Val-Profond. La reine s'y rendait pour correspondre avec sa famille espagnole, et fit le voeu d'élever une église pour remercier Dieu de la naissance d'un fils. Le 1er avril 1645, Louis XIV, âgé de 7 ans, pose la première pierre de l'édifice, dont la construction, sur des plans de François Mansart repris par Jacques Le Mercier, Pierre Le Muet et Gabriel Le Duc s'achève en 1667. Michel Anguin et Philippe Buyster sont les auteurs des sculptures. Le dôme est l'un des plus anciens de Paris, et le cloître date de 1655. Devenu en 1795 hôpital militaire, il abrite aussi l'Ecole d'Application du Service de Santé depuis 1850.

277 rue Saint Jacques, Paris, France

L'Eglise Saint-Séverin. Seul rescapé du massacre perpétré par ses oncles Childebert et Clotaire in 524, le dernier petit-fils de Clovis, Clodoald - futur saint Cloud - élevé dans un monastère, devient le disciple de l'ermite Séverin. Une chapelle érigée à l'emplacement de son oratoire devient paroisse au XIe siècle. L'église actuelle date du XIIIe siècle pour le clocher et les trois premières travées de la nef, et de la 2e moitié du XVe pour le reste. La décoration du choeur en placage de marbre fut entreprise à partir de 1684, grâce aux dons de la Grande Mademoiselle, cousine germaine de Louis XIV. Le splendide buffet d'orgue date de 1745. Au sommet de la flèche, dont la charpente fut achevée en 1487, subsiste une très vieille cloche: Macée, fondue en 1412.

Rue des Prêtres Saint-Séverin, Paris, France

Les Bateaux-Omnibus. Les embarcations gouvernées à la rame, à la voile, et parfois halées par des chevaux sont progressivement remplacées par des bateaux à vapeur. La première tentative est effectuée le 9 août 1803 par l'ingénieur Robert Fulton, suivie des expériences du marquis Jouffroy d'Abbans, en 1816-1817, avec le "Génie du Commerce". A partir de 1825 la navigation à vapeur se généralise, et deux lignes régulières desservent en 1826 les trajets entre Paris et Saint-Cloud vers l'aval, Paris et Montereau vers l'amont. A l'occasion de l'Exposition universelle du Champ de Mars, un véritable service est organisé en 1867 et confié à la compagnie des bateaux de Lyon, dite des Mouches. En 1873 apparaissent les Hirondelles, qui vont de Suresnes à Charenton, où se trouve leur port d'attache. Le ministre des Travaux publics instaure la liberté de la navigation sur la Seine et la Marne pour les transports de voyageurs en 1881, et ce mode de locomotion reste très populaire jusqu'à la disparition des bateaux-omnibus en 1934.

Quai de Montebello at the Pont au Double, Paris, France

Eglise Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Une première chapelle fut édifiée sur le clos dit du Chardonnet (les chardons) rattaché à Paris au XIIIe siècle. Elle était parallèle à une ancienne dérivation de la Bièvre. Son clocher fut reconstruit en 1625 et l'ensemble de l'église rebâti entre 1656 et 1763. Seule la façade date de 1934. Parmi ses paroissiens célèbres, le peintre Charles Le Brun dessina le portail ouest du transept, et le tombeau de sa mère, sculpté par Collignon; le sien fut commandé par sa veuve à Coysevox, et celui de Jérôme 1er Bignon, grand maître de la Bibliothèque du roi, est l'oeuvre de Girardon. Des tableaux du XVIe siècle (école flamande), de Coypel, Restout, Natoire, Lagrenée, Corot décorent l'église. Son buffet d'orgue date de 1725.

rue Monge at the corner of rue des Bernardins, Paris, France

Hôtel de Soubise. Edifié de 1704 à 1708 par Nicolas-Alexis Delamair pour François de Rohan, prince de Soubise, il remplace deux hôtels antérieurs: celui du connétable Olivier de Clisson (fin XIVe siècle) dont subsistent deux tourelles rue des Archives, et celui de la puissante famille des Guise. Au XVIIIe siècle, le maréchal de Soubise y accueillit le concert des amateurs. La décoration intérieure conserve, au rez-de-chaussée, le salon du prince dans une petite rotonde édifiée par Boffrand, et à l'étage, l'appartement de la princesse avec la chambre d'apparat et salon ovale aux peintures de Boucher et Natoire. Affecté aux Archives nationales in 1808, il abrite depuis 1867 le musée de l'Histoire de France.

60 rue des Francs Bourgeois, Paris, France

Les Archives nationales. Les Archives nationales sont une création de la Révolution française. Dès le 29 juillet 1789, le règlement de l'Assemblée nationale prévoit la conservation de ses documents écrits, et la nomination d'un archiviste; un décret de septembre 1790 sanctionné par Louis XVI officialise l'institution. Napoléon 1er s'intéresse de si près aux "Archives de l'Empire" qu'il ordonne en 1808 l'acquisition des palais des Rohan-Soubise; le 15 février 1810, il vient même rendre une visite-surprise au garde général Daunou, et se déclare satisfait de l'installation provisoire effectuée à l'hôtel de Soubise. Rêvant d'un dépôt central européen, l'empereur en pose la première pierre le 15 août 1812 dans l'île aux Cygnes. Son projet est abandonné sous la Restauration, mais, grâce à une patiente politique d'acquisitions et de travaux d'agrandissements, en 1941 les Archives s'étendent sur tout le quadrilatère de l'ancient "Chantier du Temple". En 1983, Stanislas Fiszer remporte le concours pour la construction du CARAN (centre d'accueil et de recherche des Archives nationales), inauguré en mars 1988.

to the right of the Archives entrance, rue des Francs Bourgeois, Paris, France

Sainte-Anne de la Maison Blanche. Cette grande église de style romano-byzantin, oeuvre de l'architecte Bobin, a été édifiée de 1894 à 1912, au milieu d'un quartier en voie de peuplement rapide. Elevée sur une crypte, elle possède un autel central et de remarquables vitraux et mosaïques réalisés par Mauméjean en 1937-38. Le conseiller de Paris Nollaval et sa femme en avaient donné le terrain, de même que ceux d'un foyer pour personnes âgées rue Vandrezanne et de l'oeuvre de la Mie de Pain en face de l'église, rue Charles-Fourier. Ici se situe en effet le coeur de ces très nombreuses institutions charitables et sociales du 13e arrondissement de paris, qui était au XIXe siècle le plus pauvre de la capitale.

188 Rue de Tolbiac, Paris, France

Palais Abbatial. Construit en 1586 pour le cardinal de Bourbon, chef des Ligueurs et abbé commandataire de Saint-Germain-des-Prés, ce palais est vraisemblablement dû à l'architecte Guillaume Marchant, auteur du plan et directeur des travaux. Deuxième construction en brique et pierre de Paris après l'hôtel Scipion, il préfigure le style Louis XIII. Un siècle plus tard, Guillaume Egon, cardinal landgrave de Fürstenberg, abbé de Saint-Germain, entreprend la rénovation du bâtiment qui menace ruine. Le sculpteur Pradier y eut son atelier. Restauré en 1977 par Yves Boiret, cet édifice important, le seul à être conservé entier, délivré des ajouts qui le défiguraient, témoigne de la splendeur de l'abbaye. Il abrite divers établissements rattachés à l'Institut catholique.

3 rue de l'Abbaye, Paris, France

La verrerie à bouteilles. Sur l'emplacement de cette esplanade et de la Bibliothèque de France se trouvait, entre 1792 et 1848, une verrerie à bouteilles, premier établissement industriel du quartier de la Gare. Fondée par Saget de Maker, ancien régisseur de la Manufacture de Sèvres, l'usine fabrique des bouteilles à col large, primées à l'Exposition française de 1802, des cloches de jardin, et des vitres troubles teintées de vert, "façon d'Alsace". Elle possède trois fours, et emploie en 1816 une centaine d'ouvriers. Après le retrait de Saget en 1823, la production baisse, et les bâtiments sont loués en 1847 à la Compagnie des chemins de fer d'Orléans, qui les détruit aussitôt pour agrandir sa gare de marchandises.

Quai François Mauriac at rue Raymond Aron, Paris, France

Eglise Saint-Hippolyte. Sous nos pieds se trouvent les fondations d'une église que date peut-être de Robert le Pieux, roi en l'an mil. Au XIIIe siècle, la chapelle primitive est reconstruite et peu à peu agrandie. C'est la paroisse des Gobelins, l'église est ornée des oeuvres des plus grands peintre, tapissiers, orfèvres. De nombreux membres de la famille Gobelin, les peintres et dessinateurs Michel Corneille, Van der Meulen, Jean-Baptiste Martin, Sébastien Le Clerc, l'industriel et collectionneur Jean de Julienne, y sont inhumés. Vendue en 1792, ses merveilles sont dispersées ou anéanties; elle est bientôt détruite, à l'exception d'un mur latéral de la nef gothique, qui disparaît en 1867 avec le percement du boulevard Arago.

10 boulevard Arago, Paris, France

Hôtel de Sandreville. Sous cette appellation, il convient de distinguer deux hôtels d'époques fort différentes. Le premier a été bâti vers 1586 en fond de cour pour Claude Mortier, sieur de Soisy, notaire et secrétaire du roi. La façade sur jardin, restaurée, est la plus belle, et donne un bon exemple d l'architecture privée à Paris à la fin du XVIe siècle. Le nom de Sandreville vient d'un éphémère propriétaire au temps de Louis XIII; plus célèbre est Guillaume Cornuel, époux d'une des femmes les plus spirituelles du Marais. Le second corps d'hôtel, sur la rue des Francs-Bourgeois, a été reconstruit en 1767 pour Louis-Charles Le Mairat. La façade est déjà de style Louis XIV.

26 rue des Francs-Bourgeois, Paris, France

La Sorbonne. En 1254 Robert de Sorbon, chapelain de saint Louis, fonde rue Coupe-Gueule un collège destiné non seulement à l'enseignement de la théologie, mais aussi à l'hébergement et l'entretien des "pauvres maîtres et escholiers."L'établissement croît, en taille et en prestige, jusqu'à la fin du Moyen Age. De sa reconstruction sou Richelieu, seule subsiste la chapelle, oeuvre de Lemercier (1635-1642), qui abrite la mausolée exécuté par Girardon en 1694. Fermée sous la Révolution, transformée en ateliers d'artistes sous l'Empire, elle devient en 1822 le siège du Rectorat et des facultés des Lettres et des Sciences. Entièrement reprise de 1883 à 1901 sur les plans de l'architecte Nénot, la "Nouvelle Sorbonne" a conservé son décor de fresques et statues allégoriques.

19 rue de la Sorbonne, Paris, France

La porte Saint-Jacques. Constituée de deux tours jumelles et d'un passage sous arcade ogivale, la plus fréquentée des portes de la partie méridionale de l'enceinte de Philippe-Auguste s'ouvrait ici: située au débouché d'un grand axe de circulation quotidienne, elle reliait la principale rue méridienne de l'Outre-Petit-Pont à la route d'Etampes et d'Orléans. Il était donc vital de la maintenir ouverte, malgré les troubles qui affectent la cité, de la mort de Charles V à celle du dernier Valois. Alors que la plupart des autres sont régulièrement murées, la porte Saint-Jacques est même dotée d'un pont-levis durant l'été de 1417, face à la menace bourguignonne. Après les échecs essuyés par Jeanne d'Arc sur la rive droite, c'est ici que les troupes de Jehan Villiers de l'Isle-Adam pénètrent dans la ville à l'aube du 13 avril 1436. Grâce aux parisiens las de l'occupation anglaise, Charles VII peut ainsi faire une entrée solennelle dans sa capitale reconquise.

157 rue Saint-Jacques, Paris, France

Bagatelle. Bagatelle est né sous la Régence, d'un pavillon construit par le Maréchal d'Estrées sur une dépendance du château de Madrid. La peu farouche Maréchale en fit un haut lieu de libertinage. Le comte d'Artois l'acquiert en 1775, et parie avec sa belle-soeur Marie-Antoinette de le rebâtir en 60 jours, pari tenu par son architecte Belanger. L'écossais Th. Blaikie aménage le parc à l'anglaise. Propriété de Lord Hertford depuis 1835, puis de son fils adoptif, sir Richard Wallace, le parc s'étend désormais sur 24 hectares. Il est doté d'une Orangeraie, d'une entrée monumentale du côté du Bois et, depuis son acquisition par la ville de Paris, en 1905, d'une fameuse roseraie.

Route de Sèvres à Neuilly at the entrance to the Parc de Bagatelle, Paris, France

Émile Durkheim. Né à Epinal le 15 avril 1858, reçu en 1879 à l'Ecole Normale Supérieure, Emile Durkheim achève sa formation par un voyage d'études en Allemagne, et obtient dès 1887 la création d'un cours de science social et de pédagogie à la faculté des lettres de Bordeaux. Il se consacre alors à l'enseignement, sans perdre de vue son idée directrice majeure: ériger la sociologie en science autonome. En 1898 paraît "l'Année Sociologique", qui fait de lui un chef d'école incontesté, entouré de brillants collaborateurs. Appelé à la Sorbonne pour occuper la chaire de science de l'éducation, il habite cet immeuble entre 1902 et 1912. En 1913, sa chaire s'intitule enfin "Science de l'éducation et sociologie". Profondément affecté par la guerre, où il perd son fils, Durkheim meurt le 15 novembre 1917.

Émile Durkheim. Born in Epinal April 15 1858, received in 1879 to the Ecole Normale Supérieure, Émile Durkheim completed his training with a study trip to Germany, and received in 1887 the creation of a social science courses and pedagogy at Faculty of Arts of Bordeaux. He then devoted himself to teaching, without losing sight of its major guideline idea: build sociology autonomous science. In 1898 appeared "l'Année Sociologique", making it an undisputed leader school, surrounded by brilliant staff. Called to the Sorbonne to occupy the chair of educational science, he resided in the building between 1902 and 1912. In 1913, his chair finally entitled "Science of Education and Sociology." Deeply affected by the war, where he lost his son, Durkheim died November 15, 1917.

260 rue Saint Jacques, Paris, France

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Hôpital Cochin. En 1780, le curé de Saint-Jacques du Haut-Pas, Jean-Denis Cochin, fonda, sur sa fortune personnelle, un hospice destiné au soulagement des indigents: il fit construire au sud du Champ-des-Capucins un bâtiment destiné à abriter 38 lits. Il y soignait tout spécialement les ouvriers des carrières, sujets à mille maux et à des accidents quotidiens. Tout à côté, le Noviciat des Capucins de la rue du faubourg Saint-Jacques fut transformé en 1785 en hôpital pour les hommes atteints de maladies vénériennes. L'ensemble fut entièrement reconstruit entre 1904 et 1917, et le nouvel Hôpital Cochin absorba l'ancien hospice des vénériens. Dans les carrières situées sous l'hôpital, une belle fontaine creusée au XVIIIe siècle conserve encore un escalier monumental.

Hôpital Cochin. In 1780, the parish priest of St. Jacques du Haut-Pas, Jean-Denis Cochin, founded with his personal fortune, a hospice for the relief of the needy: he built south of the Champ-des-Capucins a building to house 38 beds. They especially looked after the careers of workers, subject to a thousand ills and daily accidents. Nearby, the Noviciat des Capucins in the Rue du Faubourg Saint-Jacques in 1785 was transformed into a hospital for men with venereal diseases. They were all completely rebuilt between 1904 and 1917, and the new Hôpital Cochin absorbed the former venereal hospice. In the quarries in the hospital, a beautiful fountain carved in the eighteenth century still retains a monumental staircase.

27 rue Faubourg Saint Jacques, Paris, France

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Ici mourut Racine le 21 avril 1699.

1 rue Suger, Paris, France

Charles Gounod. Lorsque Gounod naît ici, en 1818, la place venait d'être aménagée, après la destruction de l'église Saint-André des Arts, édifiée vers 1210. Au lendemain de son grand prix de Rome (1839), le jeune musicien compose un "Agnus Dei" qui lui vaut l'admiration de Berlioz, son aîné de 15 ans, et l'une des plus profondes émotions de sa jeunesse. Mystique au point de songer à entrer dans les ordres, il ne cesse de méditer sur les textes sacrés, et peut enfin, la gloire venue, se consacre à la musique religieuse. Ses Messes et ses oratorios font revivre la polyphonie qui l'a séduit à Rome. Doté d'un esprit fin et cultivé, il apprécie les autres arts, en particulier la peinture, et dispose envers ses cadets d'une rare faculté d'accueil, dont témoigne Fauré: "Trop de musiciens ne se doutent pas de ce qu'ils doivent à Gounod. Mais je lui garde une infinie reconnaissance et une ardente tendresse". Charles Gounod meurt à Paris en 1893, et ses "Mémoires d'un artiste" paraissent à titre posthume.

1 rue Suger, Paris, France

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Pont-Neuf. Le 31 mai 1578, Henri III posait la première pierre du Pont-Neuf. Interrompus par la guerre civile, les travaux reprirent en 1599 pour être achevés le 8 juillet 1606. Conçu par Baptiste Androuet du Cerceau et Pierre des Illes, c'est le plus grand pont de Paris, long de 278 mètres pour ses douze arches; c'est aussi le premier à ne plus porter de maisons. En 1608, sur la deuxième arche à partir de la rive droite, fut édifiée une pompe élévatrice qui alimentait en eau le Louvre et les Tuileries. Ornée sur sa façade d'un bas-relief en bronze figurant le Christ et la Samaritaine, elle fut détruite en 1813. En 1635, Louis XIII fit ériger, face à la place Dauphine, une statue équestre de son père, détruite en 1792, et remplacée en 1818 par une nouvelle statue d'Henry IV due à Lemot. Dans une ville où les voies publiques étaient étroites et les espaces libres rares, ce large pont était une aubaine pour les bateleurs et charlatans qui s'y installèrent dès son ouverture. Le premier fut Tabarin dont la troupe jouait des farces en plain air, suivi par des bonimenteurs de toutes sortes, vendeurs de baume d'orviétan, arracheurs de dents et autres commerçants ambulants.

Quai du Louvre at Pont Neuf, Paris, France

Adam Mickiewicz, le poète exilé. Né en 1798, dans une famille de petite noblesse ruinée de Lituanie, il étude à Vilno, creuset révolutionnaire, et participe à la fondation d'une société secrète, les Philomathes, dont il préside la section littéraire. Ses conférences et ses poèmes lui assurent très jeune la célébrité, mais lui valent aussi d'être déporté en Russie par la police du tsar. En 1829, Mickiewicz part pour l'Allemagne et y publie le "Livre de la nation polonaise" et le "Livre des pèlerins polonais", avant de venir s'installer à Paris: il rédige ici son chef-d'oeuvre 'Pan Tadeusz'. Chargé de cours au Collège de France en 1840 dans la chaire de Langues et littératures slaves, il est révoqué en même temps que Michelet et Quinet. Après une tentative infructueuse de lever une légion polonaise pour combattre avec les républicains italiens en 1848, il fonde une "Tribune des peuples" destinée à être l'organe des émigrés en France. Cet éternel errant contracte au cours d'une expédition en Turquie le choléra qui l'emporte en 1855.

15 rue de Seine, Paris, France

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Cordeliers. Le couvent des Cordeliers, fondé en 1230, s'agrandit grâce à saint Louis. Cette communauté franciscaine devient un centre d'enseignement renommé, et édifie de vastes bâtiments conventuels dont une partie abrite, en 1783, Verniquet et son équipe d'ingénieurs chargés d'établir le plan de Paris. A la Révolution, le couvent est supprimé, et le Club des Cordeliers fondé par Camille Desmoulins s'y réunit jusqu'à sa disparition, en 1794. L'église est détruite en 1795, le cloître en 1877. Seul subsiste le réfectoire médiéval, utilisé comme fabrique de mosaïques en 1825. En 1826, tous les occupants sont évacués au profit de l'Ecole de santé. Ce remarquable exemple d'une architecture devenue rare, restauré désormais utilisé par la Ville pour des expositions.

15 rue de l'École de Médecine, Paris, France

Eglise Notre-Dame-de-l'Assomption. Le 6 septembre 1622, le cardinal de la Rochefoucauld installe à cet endroit des soeurs augustines, les Filles de l'Assomption, dites aussi les Nouvelles Haudriettes, car elles viennent de l'hospice des Haudriettes, rue de la Mortellerie, en bordure de la Grève. Charles Errard leur fait construire de 1670 à 1676 une grande chapelle surmontée par un très large dôme, visiblement inspiré du Panthéon du Rome. Cette coupole est couverte d'une fresque de Charles de la Fosse qui célèbre l'Assomption de la Vierge. Supprimé à la Révolution, le couvent a cédé la place à la rue de Mondovi et à la Cour des Comptes. L'église a été affectée en 1850 aux Polonais de Paris.

263 bis rue Saint Honoré, Paris, France

Cour des Comptes. Organisée depuis 1320 en cour souveraine indépendante du Parlement, la Chambre des Comptes a siégé au Palais de Justice jusqu'à la destruction par un incendie, le 27 octobre 1737, du joyau architectural édifié en 1504 sur les plans de Fra Giovanni Giacondo. Gabriel construisit un nouveau bâtiment à sa place in 1740. La Cour des Comptes, créée le 16 septembre 1807, remplace la Chambre royale, et quitte l'édifice de Gabriel le 18 avril 1842 pour s'installer au Palais d'Orsay, incendié sous la Commune en mai 1871. Les conseillers se replient alors sur l'aile Montpensier du Palais-Royal, rapidement trop exigüe, et l'architecte Moyaux construit à partir de 1899 l'actuel bâtiment.

rue du Mont Thabor at rue Cambon, Paris, France

Le pont de la Concorde. Par lettres patentes le 3 juillet 1722, Louis XV autorise le prévôt des marchands et les échevins à construire un nouveau pont, bien nécessaire pour desservir le quartier de Saint-Germain, et faciliter la circulation, déjà fâcheusement renommée pour ses embarras... Projetés dès 1725, les travaux ne sont pas entrepris avant 1787, faute de crédits. Ils sont confiés à Jean-Rodolphe Perronet (1708-1794), ingénieur, organisateur et directeur de l'Ecole des Ponts et Chaussées depuis 1747. En 1789, lors de la démolition de la Bastille, ses pierres sont utilisées pour l'avancement des travaux, "afin que le peuple pût continuellement fouler aux pieds l'antique forteresse". Achevé en 1791, baptisé du nom de Louis XVI avant de s'appeler pont de la Révolution entre 1792 et 1795, il est ensuite voué à la Concorde jusqu'en 1814, et, définitivement, depuis 1830. Elargi considérablement en 1931, il mène au Palais-Bourbon, dont la façade de temple antique répond à celle de la Madeleine.

quai Anatole France at the pont de la Concorde, Paris, France

Théâtre du Châtelet. Construit en deux ans par Davioud et inauguré le 19 août 1862, le Théâtre-Impérial, ou Cirque-Impérial, était, avec sa salle de 1800 places, le plus beau des grands théâtres du Second Empire. Sa façade Renaissance italienne est ornée de statues figurant le Drame, la Musique, la Danse et la Comédie. Conçu pour des opérettes à grand spectacle, le théâtre du Châtelet a disposé dès l'origine d'une vaste scène et d'équipements spéciaux. Ici triomphèrent Hortense Schneider, Féodor Chaliapine, Enrico Caruso, Georges Guétary, André Dassary, Luis Mariano, et furent montes "Salomé" de Richard Strauss, les Ballets russes de Serge Diaghilev, les oeuvres de Franz Lehar et Francis Lopez, dont "le chanteur de Mexico" et "Méditerranée" tinrent l'affiche durant des années.

1 Place du Châtelet, Paris, France

Lycée Charlemagne. En 1580, le cardinal Charles de Bourbon offrit aux Jésuites l'hôtel de La Rochepot qui devint leur maison de profès, dite couvent des Grands Jésuites. Ils l'embellirent et l'agrandirent progressivement jusqu'à la rue de Jouy, aujourd'hui Charlemagne. Le 6 août 1762, le Parlement de Paris prononça l'expulsion de cet ordre, et la maison fut attribuée aux Génovéfains du prieuré voisin de Sainte-Catherine-du-Va-des-Ecoliers, établi de l'autre côté de la rue Saint-Antoine. Le 22 octobre 1797, l'une des trois écoles centrales de Paris y fut installée; elle devint en octobre 1804 le lycée Charlemagne.

101 rue Saint Antoine, Paris, France

La Fontaine Cuvier. Le 23 août 1769, Georges Cuvier naît à Montbéliard, comté réunit à la France en 1793. Nommé professeur aux Ecoles centrales en 1795, élu membre de l'Institut, il enseigne aussi l'anatomie comparée au Muséum, puis l'histoire naturelle au Collège de France, où il succède à Daubenton en 1800. Nommé de surcroît inspecteur général des études en 1802, il va fonder les lycées de Marseille et de Bordeaux; en 1808, devenu conseiller de l'Université, il s'occupe de la réforme de l'enseignement supérieur, en France et dans les territoires conquis. S'il refuse le ministère de l'Intérieur en 1818, il entre à l'Académie française, et cumule les charges de chancelier de l'Université de 1821 à 1827, et de grand-maître des facultés de théologie protestante à partir de 1822. Malgré toutes ces fonctions administratives, le fondateur de l'anatomie comparée, passionné de paléontologie, mène à bien ses recherches sur les corrélations organiques; il accomplit encore une oeuvre d'historien des sciences en particulier dans les Eloges historiques prononcés à l'Académie des sciences, dont: il est le secrétaire perpétuel dès 1803. Il meurt le 13 mai 1832 au no. 43 de cette rue, qui porte son nom depuis 1838.

20 rue Cuvier, Paris, France

Hôtel de Talleyrand-Périgord. Construit en 1767 par Chalgrin sur les plans de Gabriel, cet hôtel eut pour premier propriétaire Louis Phélippeaux, duc de la Vrillière, comte de Saint-Florentin, ministre de Louis XV. Après sa mort, en 1777, il appartint au duc de Fitz-James, descendant du roi d'Angleterre Jacques II, puis à la princesse de Salm-Salm avant de devenir pour un an, en 1792, l'ambassade de la République de Venise. Transformé en manufacture de salpêtre sous la Révolution, le bâtiment fut acquis par le marquis d'Hervas, qui le céda en 1812 à Talleyrand. A la chute de l'Empire, en avril 1814, le diplomate y hébergea le tsar Alexandre 1er. En 1838, l'hôtel devint la possession de la famille de Rothschild, qui le vendit en 1950 aux Etats-Unis d'Amérique.

2 rue Saint-Florentin, Paris, France

La barricade du Fbg Saint-Antoine. Le faubourg Saint-Antoine a joué un grand rôle durant les révolutions de 1789, de juillet 1830 et de février 1848. Par trois fois, ses artisans et ouvriers ont contribué à la chute de la monarchie. L'insurrection de juin 1848 a été décrite par Victor Hugo dans "les Misérables", notamment l'énorme barricade élevée à l'entrée des rues de Charenton et du Faubourg-Saint-Antoine. Près d'elle furent abattus, le 25 juin 1848, le général Négrier et l'archevêque de Paris, Mgr Affre, venu parlementer. Le 26 juin, à dis heures du matin, le général Lamoricière la fit tomber, mais, pour en finir avec la révolte ouvrière, ses troupes durent encore enlever une à une les 65 barricades échelonnées dans la rue du Faubourg-Saint-Antoine entre les places de la Bastille et de la Nation.

rue de Faubourg Saint Antoine, at the corner of the Place de la Bastille, Paris, France

Eglise Saint-Paul-Saint-Louis. Le 16 mars 1627 Louis XIII pose la première pierre de l'église des Jésuites. Construite par le père François Derand sur les plans du frère Martellange, elle est consacrée le 9 mai 1641 sous le vocable de saint Louis. Célèbre pour ses prédicateurs, notamment Bourdaloue, elle possède un riche mobilier, et de nombreuses oeuvres d'art en harmonie avec son style inspiré du baroque italien. La plupart ont disparu à la Révolution. A sa réouverture, en 1802, l'église adopte le nom de Saint-Paul-Saint-Louis pour conserver le souvenir de l'église paroissiale Saint-Paul, située dans la rue du même nom et détruite en 1799.

99 rue Saint Antoine, Paris, France

La mairie du Ve arrondissement. Une loi du 1 juillet 1844 décide, afin d'harmoniser la place du Panthéon, la construction d'un bâtiment symétrique à l'Ecole de Droit; en même temps, le prolongement de la rue Soufflot jusqu'au boulevard Saint-Michel ouvrirait la perspective sur le jardin du Luxembourg. Le gros oeuvre est achevé en 1849; l'aménagement intérieur et les embellissements, confiés à Victor Calliat, datent de 1866-1870. Mais les bâtiments se révèlent vite insuffisants, et une campagne de reconstruction, retardée par la guerre, démarre en 1921: elle donne à l'édifice son aspect actuel, au décor caractéristique des années 1930. Le buste de la République en marbre blanc qui orne la salle des Mariages est une ouvre de Wermare.

21 Place du Panthéon, Paris, France

Couvent et Club des Feuillants. Henri III installe à Paris en 1587 des Cisterciens reformés venus de l'abbaye Notre-Dame des Feuillants, en Languedoc, et confie à Baptist Androuet du Cerceau la construction de leur couvent. L'église est consacrée en 1608 et sa façade achevée en 1624 par François Mansart. L'entrée monumentale, oeuvre de Jules Hardouin-Mansart, terminée en 1676, se situait dans l'axe nord-sud de la place Vendôme et le jardin dessiné par Le Nôtre s'étendait jusqu'au Manège des Tuileries (rue de Rivoli). En 1790, le Club des Feuillants s'installe dans l'église. Ses membres se dispersent après le 10 août 1792, et l'église devient la buvette des députés des différentes assemblées qui siègent au Manège, jusqu'à la destruction de l'ensemble des bâtiments en 1804.

229 rue Saint Honoré, Paris, France

Village Suisse. Pour l'Exposition Universelle de 1900 s'élevait ici une reconstitution miniature de tous les éléments constitutifs de la Suisse: montagnes, cascade, forêt de sapins, chalets, pâturages avec vraies vaches, petite bourgade d'architecture ancienne: maisons et auberges typiques des différentes régions, "habitées" par des fermiers fabriquant du fromage, des sculpteurs sur bois, dentellières, brodeuses, fileuses de soie ou de laine, tresseuses de paille... Un gigantesque panorama de l'Oberland et de ses glaciers aux neiges éternelles dominait l'ensemble, détruit lors de la fermeture de l'Exposition; son nom resta attaché au périmètre où des boutiques de brocante cimentées devinrent, en 1928, le rendez-vous des chineurs.

Avenue de Suffren, Paris, France